Le blog de la librairie des halles, Niort
Jeudi, jeudi, jeudi d'avant... j'ai traversé la France du Nord au Sud à bord d'une Ford Mercury. J'accompagnais Joanny et Hugo. Une folle chevauchée sur la N7, un flinge dans la boîte à gants.
J'ai accompagné Joanny dans son amour pour son père, dans son désir de vengeance, dans son amitié avec Hugo, dans sa haine, dans sa révolte, dans son chagrin, dans son besoin d'agir. Elle avait la solution. Une évidence.
J'en suis revenue. Vivante. Et chaque jour, m'accompagne la petite phrase du papa de Joan : Né pour perde, vivant pour gagner.
Alors à vous maintenant de faire le voyage, attachez votre ceinture et un petit conseil, ne prenez aucun appel, surtout pas celui de Vasco !
Bonne route...
Aurélie
LU : extrait de Je suis sa fille de Benoît Minville, éditions Sarbacane, collection Exprim'
" Crissement de pneus, je sursaute : Hugo s'arrête d'un coup sur le bas-côté. Heureusement que j'avais ma ceinture, sinon l'aventure s'arrêtait là.
- Ma belle, il y a une chose qu'on doit faire avant de continuer. Ça ne m'amuse pas, mais il faut. Suis-moi.
Avant de sortir, l'air grave brusquement, si grave, il fouille la boîte à gants. Je sais ce qu'il a pris. C'est noir, anguleux, froid et ça n'a rien à faire entre les mains d'un jeune de 18 ans, ni de n'importe qui.
Il est déjà au milieu du champ, à une dizaine de mètres. Il m'attend. Je suis pétrifiée.
Je le rejoins, docile et déjà sous l'emprise de l'arme sombre qu'il tient dans sa main. La tache noire dans un océan de vert.
C'est réel. C'est en train d'arriver. L'arme. Ma vengeance, rédhibitoire, plus mortelle que mes mots refoulés, que ma colère latente. C'est Hugo qui la tient et il me la tend. Ce n'est plus le même Hugo, comment il fait pour changer aussi facilement de visage ?
- Tu sais ce que c'est ?
Je ne réponds pas. J'ai du mal à la regarder fixement. C'est hors réalité. Et pourtant c'est devenu la mienne. Mon cœur, pas loin de me jouer un vilain tour, revient toquer à ma bouche.
- Je veux que tu la prennes, Joanny. Je veux que tu comprennes ce que ça fait. Pour moi aussi, c'est inédit. Tu crois que je fais ça tous les week-ends ?
- J'ai pas envie.
Voix de petite fille qui refuse l'autorité. Comme ça, sans raison. J'ai pas envie.
Joanny, tu te rends compte de ce qu'on a décidé de faire, hein ? Moi, j'y ai pensé. Très sérieusement. C'est pas un putain de jeu, ça tu le sais, on va foutre un sacré bordel; Alors regarde-moi et lis sur mes lèvres : On va tuer un homme, notre coupable. Je suis prêt, moi. Tu sais que je ne reculerai pas. Mais il s'agit de savoir ce qu'on fait. On risque la taule, t'as pas 18 ans mais moi si. Tu comprends ? La taule... Point final. "
ENTENDU :
Rage Against The Machine, Killing In The Name
Deftones, Minerva
Et, pour Vasco...
Michel Telo, Ai se eu te pego
Petite information de taille, la collection Exprim' de chez Sarbacane a une particularité qui est celle d'offrir au lecteur une bande-son. Cette dernière que l'on trouve en préambule du roman liste des morceaux (choisis par l'auteur) qui entrent en résonance avec le texte. Les trois morceaux ci-dessus ont été tirés de cette liste. Ils correspondent à des moment bien précis du roman et donnent à rendre l'état d'esprit, les émotions ressenties, par les personnages.
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